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L'histoire ne fait pas mention d'établissement permanent a Grande-Rivière, avant la concession de la seigneurie. Les ravages des Kirks à Gaspé et dans les alentours n'ont pas déferlé jusqu'ici pour la raison plausible qu'il n'y avait rien à détruire. Les Jésuites qui accompagnaient l'Amiral de Roque-mont dans ses rencontres avec la flotte des Kirks ne mentionnent pas d'aventures de ce côté. Le Père Leclerc, Récollet, qui missionnait à Percé en 1673, n'en fait pas mention non plus. La capitulation de Champlain et la reddition de Quèbec aux Anglais dans la dernière attaque des Kirks ne semble pas avoir eu de répercussions sur la vie des habitants de la Grande-Rivière, s'il en fût, en juin 1629. En 1632, le traité de St-Germain-en-Laye redonnait le Canada à la France et de nouveaux établissements commencèrent sur la côte de Gaspé. Il faut attendre cependant la fin du 17ième siècle pour que Grande-Rivière intéresse vraiment les Européens et les gens de Québec. C'est 1e Comte de Frontenac, alors Gouverneur, et l'Intendant Jean Bochatt de Champigny qui firent le 31 mai 1697 à Jacques Cochu, l'acte de concession. "De la Seigneurie de la Grande-Rivière, située dans la Baie-des -Chaleurs avec une lieue et demie de terre de frônt. sur deux de profondeur, à prendre depuis la Seigneurie de Grand-Pabos appartenant au Sieur René Hubert, en tirant du côté du Cap-d'Espoir vers l'Ile Percé." A titre de fief seulement; d'après les archives de Québec volume 4, P.G. Roy. Le 15 septembre 1749, on dépose au greffe de Lanouillier, notaire à Québec, quatre certificats relatifs à la propriété de la Seigneurie de la Grande-Rivière. Le 15 octobre 1750, le Marquis de La Jonquière, gouverneur, et François Bigot. Intendant de la Nouvelle-France, rédigent un nouvel acte de concession, cette fois: "Aux héritiers de fac ques Cochu, ci-devant habitant de l'Acadie, dans la Baie-des-Chaleurs avec une lieue et demie de terre de front sur deux de profondeur à prendre depuis la Seigneurie de Grand-Pabos appartenant à Sieur Lefèbre de Bellefeuille. en tirant du côté de Cap-d'Espoir vers lile Percé, pour en jouir par les dits héritiers Cochu, par égale portion leurs ayant-cause à toute propriété; à toujours, à titre seulement."Mais la France est toujours en guerre avec les Anglais et cette fois-ci les actes de piraterie et de saccage vont déferler jusqu'à nos rives; les établissements de Grande-Rivière et de Pabos vont étre parmi les pires victimes. En juin 1758, Louisbourg et l'Acadie tombaient aux mains des Anglais. Le 7 septembre, la flotte de Wolfe entrait à Gaspé et en prenait possession et le 13 septembre les soldats Anglais venaient répéter ici les dépradations et les violences extrêmes déjà connues à Gaspé et les alentours. il suffira pour s'en faire une idée de résumer les rapports authentiques de cette piraterie.Voici un extrait du journal du Capitaine Bell, A.D.C. du Général Wolfe: Pas-beau: Pas-Beau, 15 lieues à l'ouest de Gaspé. J'ai oublié
qui avait la Seigneurie. On a brûlé 27 maisons dont 17 indifférentes; environ 3.500
quintaux de poisson, une très bonne goélette remplie de poisson, une grande quantité de
filets, hameçons, et lignes, une grande quantité de sel. Grande-Rivière: Grande-Rivière est située environ 12 lieues à I'ouest de Gaspé et voisin de la Seigneurie de M. de Bellefeuille; les troupes débarquées la se comportèrent de la même manière que celles de Pas-Beau, sauf pour la timidité scandaleuse du capitaine Jacobs qui donna le signal deux fois de revenir avant les soldats n'aient été à terre trois heures ce qui n'était pas le quart du temps nécessaire pour tout brûler. La maison Bellefeuille était située sur une petite île dans la rivière; elle avait huit appartements sur un un plancher de grandes quantités de choses entassées dans des bureaux et des coffres pour expédier en sûreté à Québec. Les gens s'enfuirent laissant meme leur repas sur le feu. A Grande-Rivière environ 60 maisons fûrent brùlées plusieurs excellentes et en plus tous les biens-meubles et environ quatre vinght dix chaloupes. Il y avait aussi des moutons, des boeufs et des volailles. etc.. ; comme d'ailleurs à Pas-Beau. Le magasin était très grand, il contenait une une quantité incroyable de cognac et de sel, deux cents coffres de vêtements chauds précieux en cette région , 60 barils de mélasse, qui pour un Américain vaut plus qu'on peut le dire. Quantité d'autres choses fûrent détruites; 8,000 quintaux de poisson, filets, lignes, hameçons en quantités considérables. Le Général, par pitié pour les habitants, au retour de Kennington apprenant comment les choses s'étaient passés, envoya une chaloupe conduite par par des Français à Bellefeuille pour lui dire qu'il regrettait que ces officiés fussent obligés d'agir comme il le faisaient, bien à l'encontre de leur inclination ou de ses intentions, mais qu'il croyait que pendant I'hiver il périrait avec tous les habitants s'il n'avait pas de subsistance; il lui envoyait donc cette chaloupe pour le prendre et il lui en enverrait d'autres pour Ses gens. Si lui et ses gens préféraient la liberté, la chaloupe était à son service et que les gens à bord avaient leur liberté, Ne recevant aucune réponse nous mimes la voile,En ces deux endroits les marins montrèrent leur rage Habituelle en un pillage éhonté; ils se saoullèrent à tel point, qu'en une chaloupe pleine nos soldats ne durent la vie qu'à un Français qui la gouvernait." L'extrait qu'on vient de lire du Journal du Capitaine Bell sur l'expédition de Wolfe en 1758 nous montre clairement qu' a cette époque Pabos et Grande-Rivière étaient des établissements vraiment prospères et que leurs habitants furent traités d'une manière inconsidérée par les envahisseurs.C' est curieux qu'on n'ait pas relevé de traces de ces établissements qui devaient dater de plusieurs années, même en 1758, tandis qu'à Gaspé on trouve encore de nos jours des reliques du régime français. Cette opinion nous est fournie -par T.J. Rîchmond. Mais l'envergure des dépradations de 1 758 nous donne une idée assez exacte de l'importance de Grande-Rivière il y a 200 ans. |
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